A la frontière de Rasta land

40 ans de la mort de Marley. EN 81, la veille de cette annonce, Mitterand venait d’ouvrir les portes d’une nouvelle perception, le vent qui soufflait me pulsait vraiment.

J’étais triste pour Bob sans me rendre compte que ma vie allait décoller vers l’Afrique, que j’y serai submergé par son esprit. Avec le temps !

J’ai retrouvé une cassette qui a échappé à mes nombreux déménagements, une K7 qui s’est promenée sur pas mal de pistes africaines. C’était un groupe libyen (sous Kadhafi) qui jouait du reggae. J’avais été surpris que le régime autorise cette musique. Je n’aurai pas du. J’avais mal compris. L’essence du Livre Vert trouvait des répercussions, des adaptations dans le panafricanisme des Rastas qui préféraient HIM Hailé Sélassié au colonel beau gosse de l’époque.

En 89, alors que je posais nos malles en Ouganda, la musique zaïroise inondait les radios, les boîtes un peu ethniques, l’ambiance générale. Puis j’ai rencontré mon ami Ekodelele, adepte d’un culte étonnant, mais qui aurait pu être rastafarien si le sida et la tuberculose ne l’avaient emporté loin de sa guitare. Parallèlement, quelques jeunes que j’appréciais Salomon et Geoffrey (Ras B Ssali) plongeaient à pied joint dans le reggae en m’entraînant dans leurs pas. Alpha Blondy, Toure Kunda avaient d’ailleurs aiguillé mon intérêt pour cette musique s’ancrant en Africa. Un jour, avec Annet et Gwendo, nous avons pris un vol Bruxelles-Entebbe à bord duquel un trentenaire ougandais bien éméché faisait le show à sa manière, sans être contrarié outre mesure par l’équipage. Quelque temps plus tard, au Half London à Kampala, alors que nous écoutions des covers acoustiques de Marley, nous le reverrions pour apprendre qu’il était fils de ministre ! Ah, j’ai juste oublié de vous donner un détail. Il était la seconde personne que je voyais porter des dreadlocks en Ouganda. L’autre étant Ras Jingo, mais c’est une trop longue histoire. 

Puis, lorsque la famille bien agrandie s’est posée à La Réunion, j’avais atteint Zion ! La musique était à la fois ethnique, électrique et électronique. J’étais toujours accro au rock, à Morrison, mais aussi à la World qui me chauffait le coeur. Au reggae évidemment. Le hasard a fait qu’un jeune charpentier, Jean Marie,  est devenu notre voisin, que nous avons vu naître ses dreadlocks naturelles au fil des mois, qu’il m’a emmené avec lui dans sa communauté, voir son patron, voir les Lions. J’ai écrit Vagues à Larmes avec le personnage de Patrick comme une anticipation. D’accord, le bouquin est épuisé, je l’avais signé sous le pseudo de Luc Quintin, mais je lui redonnerai volontiers une nouvelle vie.

Alors, je le signerai de mon nom. Je le signerai sans me cacher parce que 40 ans après sa mort, Bob Marley, à travers ses chansons et son charisme, m’a offert la possibilité de devenir ce que je suis : un rasta blanc, un citoyen du monde libre.  Big up, Bob ! 

Jah Rastafari ! ONE LOVE.

2 commentaires sur « A la frontière de Rasta land »

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