Rasta ?

Dream & Bass est un projet en constante révolution. J’ai écrit, imprimé, diffusé. J’ai taillé, arrangé différemment, organisé sous une autre forme. Je coupe à nouveau, j’en fais un concentré, plus court, moins ciblé. Alors certains textes que j’aime pourtant disparaissent du manuscrit. Aussi – comme ceux-là-, je leur offre la vie que vous, lecteurs de ce blog, lui accorderez en prenant quelques minutes pour le révéler.

Rasta comme une religion ? À vrai dire, je ne le crois pas. Pas seulement parce que je suis blanc de blancs, baptisé, élevé dans un catholicisme monobloc, en batterie cléricale. Je ne le pense pas, car l’évocation de Jah ainsi que son identification à un Dieu unique ne sont qu’une question de choix. Pas précisément le mien. Je lui préfère cette orientation vers la philosophie constituant un art de vivre. Rasta serait le nom du dernier Dieu avant le suivant. Rasta serait un guide vers les options que la vie propose à ses vivants. Rasta serait une manière d’être homme, femme, humain au milieu d’autres créatures. Rasta serait une fraternité d’individus de tous sexes confondus dans un élan non discriminant. Rasta serait un signe de reconnaissance pour les initiés d’une unité universelle hors de tout préjugé. Rasta serait une armée de soldats conscients de leur force puisée dans les fleurs de la plante fascinante. Rasta serait volonté de puissance d’une petite graine prête à féconder le ciel de ses tiges verdoyantes. Rasta serait un rassemblement international d’individus ne quêtant aucune reconnaissance, sollicitant la connaissance infinie pour l’avenir de chacun. Le respect de tous en constitue l’essence. Le respect de la Terre en est le complémentaire direct.

Rasta n’est pas une mode pour épater la galerie sous un énorme bonnet strié avec le rouge, le jaune, le vert. Rasta n’est pas communautaire, car aucun signe ne s’arbore en vérité absolue. Tout se joue en chacun de soi. Rasta n’est pas nihiliste parce que le nihilisme ne fonctionne pas dans la nature. Rasta n’est ni proie ni prédateur. Rasta n’est pas une absence de valeur parce que les valeurs véhiculées sont généralisées pour le mieux de tous. Rasta n’est pas sacré, pourtant ses principes le sont au sein d’une société d’équité. Rasta n’est pas performatif. Aucune parole énoncée ne scelle un destin, pas même les chansons prophétiques du reggae. Rasta n’est un refuge ni pour les anachorètes ni pour les cénobites. La solitude de la pensée de chacun se berce des introspections personnelles. Les énergies méditatives de tous se capitalisent dans un égrégore fraternel. Rasta n’est pas un embaumement à la manière de l’encens des églises. Seule l’herbe enfumée est un effluve parfumé dans l’air cérémoniel des rassemblements mystiques. De New York aux collines cachées de la Jamaïque des porteurs de dreadlocks consomment une vie différente. Les mèches de nos cheveux sont des ailes à déployer pour de grands vols migratoires. Et si nos pieds se plaisent dans des Desert boots, c’est seulement pour aller plus loin lorsque nous marchons dans la Beauté. Mais la plupart du temps, Rasta progresse en nu-pieds.

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